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Le miroir brisé

by Ananda Devi
7 August 2020

Read ‘The Broken Mirror’ in English

 

Le miroir brisé, il ne reste rien qui puisse nous servir pour répondre aux questions du siècle.
Albert Camus, L’homme révolté

Mai 2020

En ce temps de jachère et de latence, le monde, la terre, et notre propre pensée se préparent-ils à un regain nécessaire ou à une nouvelle plongée dans le vide ? Entre la peur et l’espoir, quelles routes bifurquées, quelles voies de traverse emprunterons-nous au sortir de la crise ? Ne sommes-nous pas parvenus à un point d’interruption, voire de rupture, à partir duquel les possibilités s’amenuisent, à moins que nous parvenions à nous frayer d’autres chemins parmi les fourrés et les ronces que nous avons nous-mêmes fait pousser ?

Pourtant, les lieux qui m’entourent – la verdure illuminée par l’absence de bruits et de pollution, les oiseaux revenus par volées, les abeilles ivres de fleurs de cerisier et de lavande – et ma propre réaction face au confinement et à la solitude, qui a été une plongée salutaire dans la contemplation, dans la réflexion et dans l’écriture, semblent me dire que oui, ce renouveau est possible, oui, la terre peut guérir de ses blessures, il suffit de voir la vitesse à laquelle les espèces se régénèrent, oui, la solidarité n’est pas un vain mot et les hommes n’ont pas répondu à la menace par le chaos et l’anarchie, comme dans les films catastrophe, mais, pour beaucoup, par des mains tendues et des actes d’humanité. En ce printemps intérieurement étrange et extérieurement sublime, j’ai envie de suivre l’injonction de Voltaire, et de cultiver, à la fois littéralement et métaphoriquement, mon jardin.

Mais il suffit de réfléchir un peu plus longuement, un peu plus profondément, pour comprendre que le paragraphe qui précède pourrait tout aussi bien avoir été écrit par le maître-philosophe fourvoyé issu de la verve satyrique de Voltaire : Pangloss. Comme si, suivant son raisonnement, l’on affirmait que la pandémie avait une raison d’être et qu’elle était nécessaire et que donc tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles !

Il suffit de comprendre ce qui se passe ailleurs pour savoir que cette réflexion-là est terriblement étroite. Elle ne s’applique pas à ceux qui vivent sous la menace du quotidien, ceux que la simple nécessité de survivre enlise davantage chaque jour, ceux pour lesquels la crise, loin d’être une renaissance, est une condamnation de plus. J’ai le privilège d’avoir un choix, de pouvoir tirer le meilleur parti de cette situation, de ne pas avoir à souffrir des conséquences de la pandémie. Ce privilège-là m’autorise-t-il à me poser en donneuse de leçons, voire en philosophe panglossienne pontifiant depuis ma chaire auto-proclamée ? Qu’ai-je à dire au monde qui aurait une quelconque valeur face à la tragédie présente et à celle qui s’amorce ?

Dans ces conditions, parler de la beauté du monde quand le monde s’effondre pourrait être le plus grand des affronts.

Me joindrai-je à cette horde aboyante qui doit meubler chaque minute de commentaires souvent absurdes, d’une sorte de bouillon de demi-vérités et d’élucubrations, de peur que le silence ne l’oblige à faire face à sa propre ignorance, et surtout à l’inconnu ?

Face aux échos contradictoires, aux voix de la dissonance, aux tourbillons de notre ère, tout ce que je peux faire, c’est tenter de prendre la mesure de ce qui est et de ce qui nous attend. Je pourrais, surtout, tenter d’offrir un avis mesuré, ce qui semble devenir de plus en plus rare en ces temps de discordance, où chaque jour apporte son lot de nouvelles paradoxales. La vérité est désormais malléable à l’infini. Comment, en effet, définir la vérité quand ce que nous avons, ce sont des informations qui ne sont rien d’autre que des opinions déguisées ? Au vu de toutes les entorses qui lui sont faites, la notion de vérité est devenue nécessairement suspecte.

Chacun doit se frayer un chemin dans cette mélasse de contradictions, dans cette mise-en-scène du quotidien. Mise-en-scène, oui, parce que ce théâtre nous est devenu nécessaire, parce que les désastres qui ne nous atteignent pas sont une source d’excitation et une sorte de justification de notre existence (chaque désastre survenu ailleurs en est un qui nous aura épargnés), on les boit avec le café du matin, on les ingurgite avec le repas du soir et on se laisse bercer la nuit par le fait d’être des rescapés du sort.

Mais voilà que la catastrophe n’épargne personne, elle est globale, elle ne s’en prend pas seulement aux pays pauvres, aux réfugiés, aux dictatures, à la lie du monde, mais effleure de ses doigts glacés ceux qui sont le plus ancrés dans leur sécurité, à l’abri derrière leurs murs de certitudes. Comment alors la comprendre, la cerner, l’apprivoiser ? Il semble que, pour beaucoup, c’est par le même moyen : le théâtre du quotidien.

Or, ce théâtre perpétuel dans lequel nous vivons nous amène à appréhender les catastrophes comme si nous en étions les perpétuels spectateurs, même lorsqu’elles nous touchent au plus près. C’est comme s’il nous fallait le chœur antique des médias et des réseaux sociaux pour accompagner la tragédie et la commenter et l’affubler d’un déguisement trompeur qui nous permettrait de mieux l’accepter. Au choix, penser qu’il s’agit d’une conspiration des grandes puissances, qu’elles soient américaines ou chinoises, destinées à mettre à genoux les populations et à parfaire leur hégémonie ; prétendre que tout cela n’a rien de vrai, et qu’il s’agit d’une mascarade visant à faire de nous tous des dupes des mensonges d’état ; souscrire aux théories les plus folles, par exemple que la source du virus est la 5G ou qu’on pourrait guérir de la maladie en s’injectant des produits désinfectants ; ou encore se dire que rien ne nous arrivera, nous sommes immunisés, les autres tomberont malades, pas nous, parce que nous sommes les héros de notre propre narration et ne pouvons donc pas mourir. Au même niveau, au même degré de crédibilité nous parviennent les avis des scientifiques et des médecins qui tentent de rétablir l’ordre et un semblant de rationalité, mais qui sont vite submergés par les autres voix, et qui sont eux aussi parfois tentés d’entrer dans la même théâtralité, dans le même excès pour se faire entendre.

Alors, si nous ne sommes ni les héros (puisque l’héroïsme est un grand mot qui ne traduit pas le courage ordinaire) ni les victimes (puisque nous sommes en partie responsables des catastrophes modernes), qui sommes-nous ? Comment pouvons-nous comprendre cette pandémie qui, sans être nouvelle, puisqu’il y en a eu d’autres au cours de l’histoire humaine, a ceci d’unique qu’elle est quasiment globale ?

Elle nous aura au moins appris à quel point nous sommes vulnérables, tous, tels que nous sommes, y compris ceux qui se croyaient à l’abri. Et aussi que cette vulnérabilité n’a pas pour autant réduit les inégalités : nous ne sommes pas tous égaux face à la maladie, loin de là. Aux alentours de la ville de Genève, là où je vis, les malades peuvent se faire soigner dans un hôpital suisse et bénéficier de tous les équipements modernes et d’un certain confort. Le confinement ne semble pas vraiment pesant, puisque l’on peut se promener dans un environnement peu urbanisé entre les chaînes de montagnes des Alpes et du Jura, une région belle en toute saison.

Au même moment, à Mumbai et dans d’autres grandes villes de l’Inde, des millions de personnes vivant dans des bidonvilles ont été contraints de prendre la route pour quitter la ville, puisque le confinement les avait privés de leur gagne-pain, ou plutôt de leur pitance. Leur seul recours était de retourner dans leur village, à des centaines, voire des milliers de kilomètres de là, pour tenter de survivre. Les habitants de leur village, au moins, ne les abandonneraient pas comme des déchets au bord du chemin. S’ils restaient en ville sans possibilité de travailler, ils seraient incapables de se nourrir et ne bénéficieraient d’aucun soin s’ils tombaient malades. Les Indiens les plus fortunés ont affrété des avions pour rapatrier des membres de leur famille qui se trouvaient à l’étranger ; l’exode des pauvres, elle, a eu lieu sans le moindre bus mis à leur disposition par l’État ou par les plus fortunés (l’un des hommes les plus riches du monde, Mukesh Ambani, vit à Mumbai), sans la moindre bouteille d’eau ni aucune nourriture. Beaucoup sont morts en route. Lorsque l’État, un peu tard, a proposé des aides, les classes moyennes ont protesté à propos de cette dépense « inutile ». Après tout, les déchets n’ont pas besoin d’être nourris ou soignés. Ils sont faits pour être abandonnés jusqu’à ce qu’ils disparaissent.

Voici ce qu’en dit le journaliste indien Avay Shukla sur son blog:
Bien à l’abri dans le cocon de nos quartiers sécurisés, nous nous sommes barricadés contre les femmes de ménage, les chauffeurs, les livreurs de journaux et d’autres produits, ainsi que les dizaines d’autres personnes qui ont contribué à nous offrir cette existence confortable que nous tentons désormais désespérément de protéger en reléguant les moins fortunés derrière un cordon de sécurité. Les ayant privés de leurs sources de revenus, et certains que nos salaires et nos retraites ne sont pas menacés, nous exigeons un prolongement du confinement. Ce qui nous préoccupe à présent, ce sont les livraisons d’Amazon et de Swiggy, et non le sort des millions contraints à l’exode : après tout, c’est leur destin, nous disons-nous, adhérant au subterfuge ultime d’une société qui se fout royalement de leur souffrance.

Cette inégalité ne concerne pas seulement les pays riches et les pays pauvres. Dans une ville d’Italie, les services sanitaires submergés ne pouvaient plus venir chercher les morts à leur domicile. Certaines familles ont vécu plusieurs jours aux côtés de corps qui commençaient à se décomposer, avec tout ce que cela implique de douleur et d’horreur.

En France, les vieux mouraient en silence du Covid-19 dans les maisons de retraite avant qu’on en prenne conscience, presque comme si on les avait oubliés, ou comme s’ils avaient une moindre importance par rapport au reste de la population.

Une amie vivant seule dans un petit appartement à Paris a vu sa rue envahie par des SDF qui n’avaient nulle part où aller. Personne ne se préoccupait d’eux non plus. Mon amie souffrait de les voir ainsi abandonnés, mais craignait en même temps de sortir de chez elle. L’on peut s’imaginer comment elle a vécu ces jours d’angoisse, de claustration et d’impuissance.

Les conditions de confinement ont été telles que les troubles psychologiques se sont multipliés, ainsi que les violences familiales. L’angoisse de l’après, en particulier pour ceux qui risquent de perdre leur emploi ou leur entreprise, est venue s’ajouter à cette accumulation de menaces.

Mais quelles sont les voix que l’on entend dans ce théâtre d’ombres ? Pas la leur, c’est certain. Ce ne sont pas celles qui intéressent l’audience captive entre ses murs, prête à applaudir, tant qu’elle est à l’abri, mais pas vraiment à réfléchir. Car si des leçons peuvent être tirées de cette crise, seront-elles suffisantes pour entraîner un changement véritable, profond et durable des mentalités ?

Ces leçons que représentent le renouveau de la nature, la diminution de la consommation à outrance, un retour vers des choix alimentaires plus sains (pour ceux qui peuvent se le permettre), une gestion différente du temps, une prise de conscience des menaces qui pèsent sur notre existence, tout cela pourrait nous amener à repenser notre rapport au monde. A nous rendre compte à quel point il est précieux, et qu’il est temps – s’il n’est pas encore trop tard – d’interrompre cette course vers l’abîme. Juste le temps de se regarder de nouveau, de voir les autres et de les entendre, d’être à l’écoute autrement que par le biais du téléphone, de comprendre ce qui nous a menés à cette échéance qui semble nous enjoindre à nous libérer du joug d’un matérialisme qui nous étouffe et nous sclérose.

Mais dans ce théâtre qui relève du psychodrame, il ne faut pas oublier ceux qui tirent les ficelles : ces marionnettistes qui ont longtemps opéré dans l’ombre, mais qui désormais affichent leurs couleurs au grand jour. Les masques sont tombés : la haute finance n’a plus besoin de se cacher derrière des paravents, d’exhiber un visage avenant, de prétendre agir pour le bien du plus grand nombre. Il y a peu, les marchands de guerre avançaient masqués derrière les épouvantails des gouvernements démocratiques qui interdisaient officiellement de vendre des armes aux dictatures, tandis qu’ils faisaient appel à des intermédiaires pour le faire en cachette. Ils ne se contentaient pas d’alimenter les zones de conflit du globe pour écouler leur marchandise ; ils allaient jusqu’à provoquer ces conflits, même là où il n’y en avait pas. Aujourd’hui, ils n’ont plus besoin de se cacher ni de recourir à de tels subterfuges : les médias savamment utilisés peuvent créer au moment opportun des peurs et des menaces qui justifient l’usage de la force et des armes au nom de la démocratie. Là aussi, les vérités relatives opèrent dans des esprits rendus malléables à souhait.

Les sociétés minières et les multinationales ont pris le relais des anciennes puissances coloniales pour saigner à blanc des pays en développement et les transformer en poule aux œufs d’or : ils fournissent les matériaux de base de la société industrielle, mais également les poubelles où les pires produits de l’industrialisation viennent achever leur vie après avoir été utilisés.

L’industrialisation de la nourriture a non seulement eu raison de la saveur et de la fraîcheur des aliments, mais les a transformés en bombes à retardement par l’accumulation des pesticides, des engrais chimiques, des antibiotiques, de nourriture contre-nature pour le bétail (chair, os et organes d’animaux broyés pour le bétail herbivore, par exemple), et tous les méfaits de l’agriculture et de l’élevage intensifs. A plus grande échelle, des pays comme le Mali et d’autres ont été poussés par la Banque Mondiale et la FMI à remplacer la culture vivrière par la culture intensive du coton, du café, du cacao, ou encore d’autres produits liés aux marchés globaux, alors que ce changement fragilisait économiquement ces pays, les rendait dépendants des fluctuations de ces mêmes marchés et les obligeait à importer la nourriture au lieu de la produire eux-mêmes. La globalisation a eu raison de l’autonomie alimentaire de nombreux pays en développement, et a entraîné le monde dans une course vers l’appauvrissement de la terre, la déforestation et la pollution des eaux et de l’air.

C’est tout cela qui a créé, semble-t-il, ce qu’on appellerait en anglais the perfect storm, cette super tempête qui nous est arrivée et dont les remous vont continuer à se faire ressentir pendant encore longtemps. Les zoonoses ne sont pas nouvelles, mais elles prennent aujourd’hui plus d’ampleur. La globalisation a aussi eu pour effet de faciliter la propagation des virus et de rendre les populations plus vulnérables encore.

Comment faire face à cet ouragan annoncé ?

Peut-être en se rappelant que la solidarité n’est pas une qualité oubliée ? L’entraide n’a pas été un vain mot pendant ces semaines de confinement, et des voisins qui ne se parlaient pas forcément se sont rappelés que cette proximité était importante en temps de détresse et de besoin. La contrainte à la distance nous a fait prendre conscience de l’absolue nécessité du contact vrai, pas par écrans interposés, mais par les mains, la bouche, le corps, les pixels ne pouvant remplacer ni la chair ni le regard.

Mais ces élans de solidarité ont-ils été répercutés aux plus hauts niveaux ? Certes, les gouvernements de nombreux pays tentent de mettre en place un système d’aide aux plus vulnérables. Mais la plus grande partie de la manne financière ira comme toujours aux grosses entreprises, aux multinationales, aux banques et autres acteurs « majeurs » de l’économie mondiale. C’est le même principe qui fait croire qu’en augmentant les impôts des classes moyennes et pauvres, et en exonérant d’impôts les sociétés cotées en bourse, l’économie d’un pays en sortirait renforcée par davantage d’investissements. Or, on a vu que, plus les grosses fortunes s’enflent, plus elles aspirent à davantage de richesse. Il n’y a pas de limites à la cupidité. Au cours de cette crise, Amazon a fait des bénéfices mirobolants, tandis que de petites entreprises étaient obligées de fermer leurs portes et des milliers de gens se retrouvaient au chômage. Amazon et les autres grosses sociétés ont-ils reversé une part de leurs milliards aux plus vulnérables ? Pour la plupart, non. Les fourmis sont obligées de continuer à travailler dans l’ombre pour Amazon, tandis que Google et Facebook bouffent les données privées tels des monstres avides des détails les plus intimes qui leur permettront d’asseoir leur emprise sur chaque individu qui se vend ainsi sans le savoir au plus offrant. Tant que la musique métallique de la caisse enregistreuse continue de résonner, pourquoi s’en feraient-ils ? Après tout, chacun doit signer son consentement à la vente de ses données chaque fois qu’on ouvre une page sur internet.

Je suis consciente que ce que je viens d’écrire pourrait être vu comme une théorie du complot de plus, puisque tout est désormais suspect. Mais ce doute est nécessaire si nous souhaitons faire la part des choses entre toutes les informations dont nous sommes abreuvés. Personne ne peut se présenter en seul détenteur de la vérité. Mais ce questionnement doit aussi s’appliquer à tout ce qui nous est présenté comme des faits, comme des informations objectives, à toutes les théories foisonnant sur le web. Si nous nous interrogions avant d’être persuadés, si nous réfléchissions avant de croire, si nous utilisions notre jugement d’adultes rationnels avant d’avaler toutes les couleuvres qu’on tente de nous faire avaler, ce phénomène de notre époque, les fake news, n’aurait pas pris autant d’ampleur.

Peu importe si l’on souscrit à ce que j’écris ici ou pas : ce qui est important, c’est de se poser les bonnes questions.

J’ai soixante-trois ans et j’ai vu le monde changer à une vitesse exponentielle, moi qui ai commencé à écrire à la main avec un stylo plume et qui suis aujourd’hui accrochée à mon ordinateur portable comme s’il contenait une part essentielle de moi. J’apprécie les progrès technologiques et le confort moderne dont nous ne disposions pas forcément dans le petit village où je suis née. Mais le monde d’aujourd’hui m’emplit d’effroi. La technologie a depuis longtemps dépassé l’utilitaire pour entrer dans l’ère des artifices futiles dont l’attraction ressemble à celle des drogues. Le téléphone ne peut plus désormais être loin de nos mains, notre concentration est dispersée par toutes ses tentations, notre capacité d’absorber se réduit de plus en plus alors que nous avons l’impression que toutes les informations dont nous aurions besoin se trouve au bout de nos doigts.

Mais ce n’est pas le cas. Nous vivons dans l’illusion d’une connexion permanente tandis que nous nous isolons dans nos bulles.

A mes yeux, les miracles de l’ère industrielle se transforment peu à peu en cendres. Notre confort et nos distractions sont au prix de la planète et des populations défavorisées. Nos yeux braqués sur les écrans ne voient pas les déplacés, les exilés, les dispersés, les exclus qui nous entourent.

Aveugles, sourds, muets, hypnotisés.

A quand le vrai réveil de notre humanité ?

Lorsque le miroir est brisé, c’est dans notre propre réflexion que nous trouverons les réponses.

Illustration by Moira Scicluna Zahra.

About the Author

Ananda Devi

Born in Mauritius, Ananda Devi has been writing for over four decades and is considered one of the major French language writers of Mauritius and the Indian Ocean. Her body of work includes novels, short-stories and poetry. She has received several literary awards.

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